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Soldats Britains : reconnaître et dater les figurines

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La rédaction Jouets Vintage
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Un soldat Britains se reconnaît à trois signes : un corps en plomb creux qui pèse peu, un socle ovale très mince portant un marquage en relief, et une peinture brillante posée en aplats rapides. Le fabricant W. Britain date de 1893 la mise au point de cette coulée creuse, à Londres.

Ce que Britains a inventé, et quand

Avant cette date, le rayon du petit soldat appartient aux fondeurs allemands. L’histoire publiée par W. Britain sur son site attribue à William Britain senior, en 1893, la mise au point du procédé de plomb creux : le métal fondu entre dans le moule, l’excédent ressort avant la prise complète, la figurine sort vide.

Le gain est double, et la notice du Victoria and Albert Museum consacrée à une boîte de Grenadier Guards fabriquée à Londres vers 1900 le dit nettement. Le procédé rend la pièce plus légère et moins chère que les importations allemandes, et le musée crédite la maison de cette invention. Même source, détail savoureux : la difficulté est devenue de produire assez de modèles pour satisfaire la demande.

Cette boîte de huit soldats de plomb, inventoriée sous la référence B.115, montre ce que vendait la firme au tournant du siècle. Un régiment nommé sur le couvercle, huit pièces couchées dans un lit de carton, et déjà un soin de présentation qui dépasse le jouet.

La maison n’a jamais vécu du seul uniforme. Son histoire officielle mentionne l’ouverture d’une série de ferme en 1921, qui installe la marque dans la cour et l’étable autant que sur le champ de bataille. Les repères communs aux autres fabricants, CBG Mignot, Quiralu ou Starlux, sont réunis dans notre méthode pour reconnaître et dater un soldat de plomb.

Reconnaître un soldat Britains pièce en main

Prenez la figurine dans la paume avant de regarder quoi que ce soit. Une pièce en métal creux pèse peu pour son volume et rend un son mince quand vous la tapotez de l’ongle, là où un plomb massif reste sourd et lourd.

Retournez-la ensuite. Le socle ovale fin est la signature visuelle de la production creuse de la maison, et son dessous porte un marquage moulé en relief : le nom de la firme, une mention d’origine anglaise, parfois une année.

Cette année mérite une mise en garde. Elle date le dépôt du modèle, pas l’exemplaire que vous tenez. Un moule resté dix ou vingt ans en service reproduit la même mention à chaque coulée, si bien que la date situe une génération, jamais un millésime de fabrication.

Quatre gestes suffisent pour un premier tri :

  • Éclairez le dessous du socle en lumière rasante, jamais de face, pour faire sortir les reliefs.
  • Mesurez du dessous du socle au sommet du crâne, casque et plumet exclus.
  • Cherchez le joint de moule sur les flancs et jugez sa finition.
  • Comparez deux pièces censées venir de la même boîte, taille et peinture côte à côte.

Dessous du socle ovale d’une petite figurine militaire ancienne éclairé en lumière rasante

La boîte, l’étiquette et le numéro de série

La boîte fait partie de la pièce, et pas seulement pour la revente. Le Victoria and Albert Museum conserve un coffret Britains intitulé Types of USA Forces Infantry (Service Dress), fabriqué en Angleterre vers 1930, rangé dans ses registres sous le numéro de série 227. Le couvercle est illustré, et le musée nomme son auteur, Frederick William Whisstock.

Ce nom revient ailleurs dans la même collection, sur un coffret de ferme Nestlé Home Farm daté de 1936-1938. L’illustrateur travaillait donc en travers des gammes, ce qui fait du graphisme du couvercle un indice de période à part entière.

La même notice raconte l’inverse d’une intuition courante. Ces soldats américains ont été offerts à Dublin en 1946 pour un dixième anniversaire, alors qu’ils sont antérieurs à la guerre : le magasin écoulait du vieux stock. Un souvenir de famille daté par la mémoire se trompe souvent d’une décennie.

Le numéro de série reste le fil le plus solide. Le catalogue actuel de W. Britain fonctionne toujours par références numérotées, de 10225 pour une figurine de sa Museum Collection à 52011 pour un set plastique de six fantassins, et un numéro relie une pièce isolée à sa boîte d’origine mieux que n’importe quel souvenir.

Quant à l’échelle, deux repères cohabitent. Les figurines métal vendues aujourd’hui par le fabricant sont annoncées au 1/30 avec une finition mate, mention relevée sur ses fiches produit en septembre 2026. Le jouet ancien appartient au format que le marché des collectionneurs désigne par le 54 millimètres, soit environ le 1/32. Une pièce récente et une pièce d’avant-guerre ne se comparent donc pas taille pour taille, et cet écart compte dans une estimation de jouet ancien au même titre que l’état de la peinture.

Du plomb creux au plastique : Herald, Swoppets, Deetail

Le plastique n’a pas attendu la fin du plomb pour entrer chez Britains. La notice du Victoria and Albert Museum sur un ensemble de chevaliers du XVe siècle situe le lancement des Swoppets en 1958, la série médiévale suivant un an plus tard : des figurines articulées par rotules à la tête et au cou, que l’enfant démonte et recombine à volonté.

Ces moules venaient d’ailleurs. Le musée précise que la firme les a récupérés avec le rachat de Herald, fabricant de plastique arrivé sur le marché du petit soldat avec un argument neuf, des figurines plus sûres et difficiles à casser. L’histoire publiée par W. Britain date ce rachat de 1959.

La fin du métal creux tombe en 1966, toujours selon le fabricant. La gamme plastique devient l’ossature de l’entreprise, et les Britains en plastique de cette période se reconnaissent à leur socle épais et texturé, sans rapport avec l’ovale mince du plomb.

Le métal revient ensuite par petites touches. Une garde écossaise en métal moulé sort en 1973, armes en plastique comprises, puis 1983 voit la première figurine entièrement métal de la maison depuis près de vingt ans. Le nom Deetail, lui, a survécu à tout : le catalogue actuel range encore des références sous l’étiquette Super Deetail Plastics.

Ce basculement du métal vers le plastique traverse tout le rayon jouet de la décennie, comme le montrent les pièces de collection des années 60 où le plomb recule année après année.

Petites figurines militaires en plastique posées sur une table claire, socles rectangulaires visibles

Époque, repeint ou réédition : trancher sans se tromper

Une boîte marquée Britains ne dit pas à elle seule de quelle décennie elle sort, parce que la marque a changé de mains plusieurs fois. Son histoire officielle décrit la suite : le groupe Dobson Park reprend l’entreprise en 1984, quand Dennis Britain souhaite se retirer, la société devient Britain Petite Ltd en 1986, puis passe chez Ertl en 1997, Racing Champions en 1999 et First Gear en 2005. Le siège se trouve aujourd’hui à Chillicothe, dans l’Ohio.

Le club de collectionneurs, lancé en 1993 pour le centenaire, a produit ses propres figurines. Autant de pièces authentiques, mais pas anciennes, et une source constante de malentendus dans les annonces.

Pour trancher sur la pièce elle-même, regardez la peinture avant tout. Une peinture brillante posée vite, en aplats à main levée, avec de légers débordements et des zones nues sous les bras, signe l’atelier d’époque. Trop de soin trahit le repeint : couleurs régulières, brillance homogène, yeux détaillés à la pointe fine, ombres travaillées au lavis.

La finition apporte un second indice, celui-là vérifiable sur le catalogue du fabricant. Les figurines métal annoncées aujourd’hui portent une finition mate, quand le jouet ancien jouait la laque brillante. Un fantassin mat vendu comme pièce des années 1930 réclame donc des explications.

Restent les tirages pris sur un original. Le métal se rétracte en refroidissant, la copie sort un peu plus petite et un peu molle de détail, et deux exemplaires posés côte à côte suffisent souvent à conclure, selon la logique détaillée dans notre méthode pour reconnaître un jouet ancien authentique.

Ranger du plomb sans le voir blanchir

Le premier ennemi des figurines en plomb vient de leur rangement, pas du temps. L’Institut canadien de conservation décrit la corrosion active du plomb comme une poudre blanche peu adhérente, répartie sur toute la surface ou concentrée en petits points, et l’identifie comme du carbonate de plomb basique, le blanc de plomb.

Le signe qui ne trompe pas : de la poudre autour d’un objet qui n’a pas bougé indique une corrosion en cours. Une patine stable, elle, reste d’un gris plus sombre, sans dépôt pulvérulent.

La cause est chimique. L’institut l’attribue aux vapeurs d’acides organiques faibles et nomme les sources : les meubles de rangement ou de présentation en bois, le chêne en tête, les cartons dégradés, les papiers de mauvaise qualité, l’acide acétique du vinaigre employé au nettoyage. La boîte d’origine, gardée précieusement, entre dans cette liste dès que son carton se délite.

Sa note sur l’entreposage des métaux complète la marche à suivre. Le bois et les dérivés de pâte de bois libèrent des composés soufrés et des vapeurs d’acides organiques, donc dehors. À l’inverse, la mousse de polyéthylène à cellules fermées, le papier exempt d’acide et non tamponné, les sachets de polyéthylène et, pour les petites pièces, les pochettes de qualité archive conviennent. L’institut recommande une humidité relative de 35 à 55 %, sous 35 % pour un métal qui se corrode activement, et des gants de coton propre ou de plastique pour manipuler.

Trois conséquences pratiques pour une série de soldats Britains d’époque :

  • Sortez les figurines de toute vitrine en chêne et de toute caisse en bois brut.
  • Isolez les pièces qui poudrent du reste de la collection.
  • Conservez la boîte ancienne à part, dans un autre contenant que le plomb.

Figurines de plomb rangées dans un bac de polyéthylène translucide avec du papier de soie

Commencer une série Britains par le bon bout

Commencez par une seule pièce, achetée en main propre, un fantassin debout plutôt qu’un cavalier. Elle vous apprend le poids du creux, le son du métal mince et l’aspect d’un aplat d’origine, trois choses qu’aucune photo d’annonce ne transmet.

Choisissez ensuite un axe étroit : un régiment, une période, ou les boîtes numérotées d’une même décennie. Une collection de figurines Britains construite autour d’un numéro de série se complète, là où un achat au coup d’œil produit un tas disparate.

Le circuit d’achat compte autant que la pièce. Les repères d’une boutique de jouets anciens valent ici sans changement : un vendeur qui photographie les dessous de socle et cite la référence de la boîte vous fait gagner des heures de vérification.

Prochaine étape : photographiez chaque dessous de socle à la lampe rasante, notez matière, mesure et état de peinture, puis sortez le plomb des meubles en bois dans la semaine. Le reste du travail d’identification attendra sans risque.

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La rédaction Jouets Vintage

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